Cuba parte tres : anti-castrisme et démocratie

Rue de la Havane
Rue de la Havane - Jewish Cuba
Les changements du régime cubain ne seront pas uniquement d’ordre économique avec ce lot de 311 réformes débattu avec des millions de Cubains et approuvé par le Parlement en session plénière le 1er août 2011. D’autres domaines comme les libertés individuelles connaîtront un changement. Cependant, il faut bien avoir à l’esprit que Cuba n’a pas de similarité avec la Corée du Nord, l’Iran ou l’Arabie Saoudite. Pourtant, Cuba est la cible d’attaques disproportionnées à propos des droits de l’Homme. C’est une politique délibérée de stigmatisation menée de front par les États-Unis. Ce pays, considéré comme un modèle des droits de l’Homme, dénigre les nations « dissidentes », c’est-à-dire celles qui ne répondent pas à leurs attentes. Avec le conflit libyen, les partisans du camp de la paix ont avancé le « deux poids, deux mesures » de la plus grande puissance du monde et de ses alliées. En effet, les pays occidentaux condamnent certains gouvernements de pays qui bafoue les droits de l’Homme, alors que pour d’autres (Barhein, Arabie Saoudite, Colombie, Israël, de nombreuses dictatures africaines, et l’Égypte et la Tunisie pré-révolution, etc.) ont la clémence des grandes puissances, car elles obéissent aux directives.

Cuba est mis au ban des nations. Pour quelle raison ? À son arrivée au pouvoir, le gouvernement révolutionnaire a fermé sont économie aux investisseurs étrangers. Pire, il s’est allié à l’URSS. Quel affront pour les États-Unis ! Depuis, un embargo contre Cuba a été mis en place et une campagne de diabolisation de l’île a été mise en place, en payant des journalistes pour faire des articles anticastristes, en restreignant les voyages des Cubains résidant aux États-Unis vers l’île ou en finançant les activités des anti-castristes à l’étranger. La section 1705 de la loi Torricelli de 1992, qui renforce l’embargo, stipule que « les États-Unis fourniront une assistance, à des organisations non gouvernementales appropriées, pour soutenir des individus et des organisations qui promeuvent un changement démocratique non violent à Cuba ». Wayne S. Smith, le dernier ambassadeur américain à Cuba avouait l’illégalité de ce type d’activité : « lorsque les États-Unis déclarent que leur objectif est de renverser le gouvernement cubain, et qu’ensuite ils affirment qu’un des moyens pour y parvenir est de fournir des fonds aux dissidents cubains, ces derniers sont placés de facto dans la position d’agents payés par une puissance étrangère pour renverser leur propre gouvernement ».

Démocratie cubaine

Cuba n’est pas gouverné par un régime démocratique comme nous l’entendons par chez nous. Nous y voyons un régime où Castro a toute autorité. La réalité est bien différente et peut-être même que nous devrions prendre exemple sur certaines pratiques. Les Cubains peuvent aller voter dès seize ans aux élections municipales, provinciales et législatives. Lors de ces dernières, les candidats ne sont pas désignés par un Parti — il n’y en a qu’un, le Parti communiste cubain et celui-ci n’intervient pas dans le cadre des élections —, mais par une commission des candidatures qui regroupent des citoyens, des représentants de la Centrale des travailleurs de Cuba et du Comité de défense de la révolution (CDR). Ce sont donc les Cubains qui désignent les candidats et qui votent ensuite pour eux. Il n’y a pas de campagnes, mais des débats communs et les biographies des candidats sont consultables à des endroits définis. Ce processus démocratique présente des formes de démocratie directe. Mais par chez nous, on appelle ça une dictature. Cette contradiction est étonnante et est un des atouts majeurs de la diabolisation du régime cubain.

Les 609 députés de l’Assemblée nationale sont renouvelés tous les cinq ans. Cette institution qui se réunit deux fois par an est la seule à pouvoir voter les lois et modifier la constitution. Comme aux premiers jours de la République française, les députés ne sont pas rémunérés pour cette activité et sont soumis au mandat impératif qui permet aux électeurs de les révoquer à tout moment ! Le conseil d’État est un organe de cette Assemblée. Il est composé de 31 membres et actuellement présidé par Raul Castro. Il représente l’État cubain sur le plan national et international, et est chargé d’organiser le processus électoral ainsi que de faire passer des décrets entre deux rassemblements de l’Assemblée.

La dernière élection générale de Cuba a eu lieue le 20 janvier 2008.  96 % de la population a été voter alors que le vote n’est pas obligatoire. 43,16 % des députés sont des femmes contre 20 % en France. Nos démocraties rêvent de tels chiffres ! L’Union interparlementaire, organisation mondiale des Parlements des États souverains, a validé ses élections.

Ce qui a permis de définir Cuba comme étant une dictature c’est l’incarnation du pouvoir en la personne de Fidel Castro resté aux commandes du Conseil d’État durant près de 50 ans. Mais une telle longévité ne devrait plus pouvoir se faire. Lors du sixième Congrès du Parti Communiste qui s’est déroulé en avril 2011, Raul Castro avait indiqué que le président du Conseil d’État ne pourrait plus dépasser deux mandats de cinq ans consécutifs. Fini donc la personnification du Parti et du régime.

La démocratie cubaine diffère de la nôtre en de nombreux points. Elle est critiquable notamment la présence de représentants du CDR lors du choix des candidats et qui démontre une certaine volonté de contrôle de l’État. Est-ce pour autant un dénie de démocratie ? La participation massive aux dernières élections démontre que le système respecte le choix de la population, sinon n’aurait-elle pas déserté les urnes comme en France ?

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