25 octobre 1948 - Saint-Étienne, France. Des mineurs en grève se rassemblent pour un meeting devant le puy de Couriot. © AFP.
Ce documentaire de propagande réalisé par la CGT nous montre le combat d’après-guerre mené par les ouvriers des mines. En deux ans, ces derniers ont permis à la France de rattraper son retard économique. Le gouvernement décide alors de modifier le statut des mineurs acquis après la guerre — afin de les motiver à produire l’énergie nécessaire pour la reconstruction de la France — et de fermer des usines françaises au profit de charbon étrangers. Un mouvement de contestation naîtra et durera huit semaines. 3 000 ouvriers seront licenciés. Le socialiste et ministre de l’Intérieur Jules Moch va faire preuve d’autisme autoritaire, déployant massivement les CRS en leur donnant l’ordre de tirer. Les manifestants sont arrêtés massivement et des fusillades conduisent certains mineurs à la mort.
Les messages de la télévision d’État minimisent les exactions et diffusent un message culpabilisateur à l’encontre des grévistes.
Ce documentaire réalisé clandestinement par la CGT montre une tout autre atmosphère. On remarquera que le discours du syndicat à l’époque était corrosif, bien loin des compromissions d’aujourd’hui.
En mars 2011, plus de 60 ans après les faits, la cour d’appel de Versailles donné raison à 17 anciens mineurs du Nord/Pas-de-Calais qui avaient été licenciés durant ces événements. L’État est condamné à verser la somme de 30 000 euros à chacun des plaignants. Mais Christine Lagarde a fait appel de cette décision et le nouveau jugement ne devrait pas tomber avant deux ans. En espérant que les ouvriers octogénaires tiennent le coup d’ici là.
Voir le documentaire.
L’émission de France Inter Là-bas si j’y suis a diffusé récemment une série de trois reportages sur le sujet :
émission 1 – émission 2 – émission 3
L'émission Honneur du Prolétariat sur Radio Canut à également consacré une émission à ces grèves.