mardi 27 juillet 2010

Médine - Arabian Panther (Rap engagé)

J'ai découvert Médine lors de son passage à Rennes il y a un an. J'avais bien aimé son côté politique et pédagogue. Il expliquait ce qu'il voulait dire à chaque morceau, sans doute parce qu'il a souvent été critiqué pour ces textes tranchants. Il a même été accusé d'être un intégriste.

Le titre de cet album fait référence au Black Panther Party mouvement afro-américain formé en 1966 en faveur de l'émancipation des noirs aux États-Unis. Médine reprend l'idée, mais cette fois pour représenter la communauté arabe de France souvent stigmatisée par les médias et les politiques, même si c'est un contexte beaucoup moins raciste qu'à l'apogée des Black Panthers aux États-Unis.

Médine met aussi énormément en avant sa religion musulmane, un peu trop à mon goût, car je suis contre toutes les sectes religieuses.

Cependant, ses textes témoignent d'une amertume vis-à-vis du climat ambiant à l'encontre des communautés musulmanes et arabes qui se sont accentuées depuis 2001 ( 11 septembre est le titre de son premier album).

Les chansons traitent également d'autres sujets comme le féminisme (à l'ombre du mâle),  de la politique sécuritaire (Besoin de révolution), de Guantanamo (Camp Delta)...
"Kunta Kinte - Enfant du destin" évoque l'histoire du personnage Kunta Kinte un noir vivant dans l'actuel Mali. Il est enlevé en 1767 par des blancs et mis en esclavage.
Une autre chanson raconte aussi "L'affaire du RER D" récemment adapté au cinéma par André Téchiné sous le titre "La Fille du RER".

Medine fait un rap sans concessions, virulent et engagé comme je les aime.

http://www.medine.tv/

samedi 18 juillet 2009

Quartiers d'été 2009 au Parc des Gayeules à Rennes les 15 et 16/07/2009

Quartiers d'été 2009 au Parc des Gayeules à Rennes les 15 et 16/07/2009Le festival quartier d'été de Rennes existe depuis 16 ans. Il est organisé par le Centre régional information jeunesse de Bretagne et la Ville de Rennes. Elle a lieu dans le plus grand parc de Rennes : Les Gayeules. Gratuit, ce festival à la particularité de ne pas servir d'alcool, car il est destiné avant tout aux jeunes.
La journée de mercredi est exclusivement Hip-Hop/Rap où il y a eu environ 7 000 personnes. J'y suis allé sans trop me sentir concerné par la programmation. J'ai assisté au battle de danse hip-hop toujours assez impressionnant à voir. Pour l'anecdote, c'est la troupe rennaise qui a eu le plus de succès auprès du public. Les Rennais sont sans doute un peu chauvins...
Je ne comptais pas rester bien longtemps sur les lieux. Mais je voulais découvrir ce qu'était Médine, un rapeur dont j'ai souvent entendu parler. Dès l'intro il me laisse une impression favorable : deux extraits de bande originale de films réalisés par le dieu du cinéma Stanley Kubrick : 2001 l'Odyssée de l'espace et Orange mécanique.
Médine c'est du rap engagé, bien loin du cliché du poseur/gangster qui se fait du blé en crachant ça haine du système. Il a des propos haineux et provocateurs, mais il les distille avec intelligence. Quand ses propos sont susceptibles d'être mal interprétés par son public ou par ses détracteurs, il n'hésite pas à les expliquer et je trouve cette démarche honnête, vis-à-vis de lui-même et des idées qu'il défend. J'apprécie dans le rap des textes intelligents et sincères et non des paroles de mégalos qui se prennent pour des gangsters qu'ils ne sont plus depuis longtemps.
Médine était accompagné des Bouchées doubles, un duo de rapeurs présent sur son label Din records. Une bonne découverte.
En revanche, j'ai failli vomir aux premières notes de Sefyu. Ma rapophobie n'a pas encore disparu, me voilà rassuré.

La programmation de la seconde journée n'avait rien à voir. Je n'ai vu que Blackfire, le groupe qui m'intéressait le plus. La famille amérindienne était déjà venue jouer à Rennes l'an passé dans le cadre du festival les Tombées de la nuit. Le show de cette année en était très proche, c'était donc plutôt bon. Je trouve juste dommage que le groupe n'insiste pas plus sur le chant traditionnel indien. À part quelques chants ajoutés ici et là sur certains morceaux, ils n'ont pas un son qui leur est propre alors qu'il n'est pas commun de voir des Indiens jouer du punk. Ceci dit, ça quand même bien sympa à voir.
Blackfire était accompagné d'un groupe de reggae, City Kay (le peu que j'ai entendu était chiant), et un autre de musique africaine, Hasna El Becharia (qui aurait pu être sympa, mais que je n'ai pas vu).
La soirée s'est clôturé par une projection sur écran géant gonflable de Princesse Mononoke d'Hayao Miyazaki, un animé fantastique où une forêt se dépeuple à cause de l'homme. Comme souvent avec le père Miyazaki il est question de magie, de poésie et d'écologie...

Mes photos de Blackfire.

Photos de Tangi.