Le festival quartier d'été de Rennes existe depuis 16 ans. Il est organisé
par le Centre régional information jeunesse de Bretagne et la Ville de Rennes.
Elle a lieu dans le plus grand parc de Rennes : Les Gayeules. Gratuit, ce
festival à la particularité de ne pas servir d'alcool, car il est destiné avant
tout aux jeunes.
La journée de mercredi est exclusivement Hip-Hop/Rap où il y
a eu environ 7 000 personnes. J'y suis allé sans trop me sentir concerné par la
programmation. J'ai assisté au battle de danse hip-hop toujours assez
impressionnant à voir. Pour l'anecdote, c'est la troupe rennaise qui a eu le
plus de succès auprès du public. Les Rennais sont sans doute un peu
chauvins...
Je ne comptais pas rester bien longtemps sur les lieux. Mais je
voulais découvrir ce qu'était Médine, un rapeur dont j'ai souvent entendu parler. Dès
l'intro il me laisse une impression favorable : deux extraits de bande
originale de films réalisés par le dieu du cinéma Stanley Kubrick : 2001
l'Odyssée de l'espace et Orange mécanique.
Médine c'est du rap engagé, bien
loin du cliché du poseur/gangster qui se fait du blé en crachant ça haine du
système. Il a des propos haineux et provocateurs, mais il les distille avec
intelligence. Quand ses propos sont susceptibles d'être mal interprétés par son
public ou par ses détracteurs, il n'hésite pas à les expliquer et je trouve cette démarche honnête, vis-à-vis de lui-même et des idées
qu'il défend. J'apprécie dans le rap des textes intelligents et sincères et non des paroles de mégalos qui se prennent pour des gangsters qu'ils ne sont
plus depuis longtemps.
Médine était accompagné des Bouchées doubles, un duo
de rapeurs présent sur son label Din records. Une bonne découverte.
En
revanche, j'ai failli vomir aux premières notes de Sefyu. Ma rapophobie n'a pas
encore disparu, me voilà rassuré.
La programmation de la seconde journée n'avait rien à voir. Je n'ai vu que
Blackfire, le groupe qui m'intéressait le plus. La famille amérindienne était
déjà venue jouer à Rennes l'an passé dans le cadre du festival les Tombées de la
nuit. Le show de cette année en était très proche, c'était
donc plutôt bon. Je trouve juste dommage que le groupe n'insiste pas plus sur le
chant traditionnel indien. À part quelques chants ajoutés ici et là sur certains
morceaux, ils n'ont pas un son qui leur est propre alors qu'il n'est pas commun
de voir des Indiens jouer du punk. Ceci dit, ça quand même bien sympa à
voir.
Blackfire était accompagné d'un groupe de reggae, City Kay
(le peu que j'ai entendu était chiant), et un autre de musique africaine, Hasna El
Becharia (qui aurait pu être sympa, mais que je n'ai pas vu).
La soirée s'est
clôturé par une projection sur écran géant gonflable de Princesse Mononoke
d'Hayao Miyazaki, un animé fantastique où une forêt se dépeuple à cause de
l'homme. Comme souvent avec le père Miyazaki il est question de magie, de poésie
et d'écologie...

J'ai été surpris de voir ce groupe d'Amérindiens dans la programmation du
festival les Tombées de la nuit où pendant une semaine se déroulent des concerts
aux quatre coins de Rennes. Ce sont deux frères et leur soeur jouant du punk
rock assez classique, se contentant plus souvent du rock que du punk, en
témoigne la reprise de Bob Dylan. Leur musique a pour originalité de comporter
des chants indiens. Ils sont très engagés dans la défense des droits des
Indiens. C'est pas mal à voir, d'autant que la scène en plein air était
conséquente. Le public était hétérogène, le cadre du festival et la gratuité
pousse à la curiosité. Je n'ai pas pu aller le voir, dans l'après-midi jouait
leur père dans un registre traditionnel indien (ça doit surement porter un nom).
Il est venu faire une apparition sur deux titres, dont le dernier, un chant
traditionnel. Bonne initiative à Mass Prod de les avoir fait jouer.

