C'était mon premier concert de oi! à Montréal. Le public avait une moyenne
d'âge plus élevée que ce que j'ai pu voir dans les concerts punk ou hardcore
jusqu'à lors. Les bides sont aussi un peu plus développés. En fait, ça ne change
pas trop de la scène française, d'ailleurs ça doit être réciproque partout dans
le monde. La scène skinhead vieillissante a-t-elle encore de longs jours devant
elle ?
La comparaison sur l'âge et la corpulence a été assez facile, puisque des
échantillons de coreux qui étaient présents pour voir Union Made, un groupe de
Hardcore montréalais. Un bon mix entre Cro-Mags et 86 Mentality, donc
musicalement c'est très influencé oi!. En 2005, ils ont sorti un album "Hard and
grace" sur Insurgence Records un label qui produit principalement des groupes de
oi!.
Le public n'était pas nombreux, bien qu'Union Made jouait à domicile. En
revanche pour The Prowlers, il y avait plus d'animation. Si j'ai bien compris,
ça faisait cinq ans qu'ils n'avaient pas joué à Montréal. Je les avais
découverts il y a quelques années sur une compilation dont le nom m'échappe.
J'avais bien apprécié, sans pour autant suivre leur parcours. The Prowlers fait
de la oi! avec des coeurs puissants à chacun de leurs refrains. C'est efficace
et ça met bien l'ambiance.
Avant leur chanson "Tous unis" le chanteur
rappelle qu'être skinhead ce n'est pas être nazi et prône une certaine unité.
C'est un discours que je n'avais pas entendu depuis des années... Après une
reprise tronquée de "Banned from the pub" pour ratage, ils ont conclu par leur
tube au titre éloquent "Drunken Skinhead"... This is their way of live. Très
très bonne ambiance conviviale pendant le groupe québécois !
The Business a conclu la soirée. Le set commence par une intro interminable.
Les membres arrivent au bout de quatre minutes et démarrent avec Real Enemy.
L'ambiance n'est pas top, le public n'étant pas encore revenu en nombre
suffisant. The Business est en tournée durant tout le mois d'août au Canada (13
dates), les gens peuvent donc choisir leur date, d'où la moyenne influence de
l'auditoire à ce concert. À mon grand étonnement très peu de nouveaux titres
exécutés. Que des tubes qui se concluront par "Drinking And Driving" (moins
folle que le cover par Murphy's Law au Ieper fest de 2007).
Micky Fitz à fait
une remarque sur Paris. A chaque fois qu'il y va, il se fait traité de fasciste
alors qu'à Montréal il n'a jamais connu se problème... Business was good.
Dans le psychobilly, il existe deux écoles. Celle de The Meteors avec des racines rockabilly encore très présent et celle de Demented are Go, plus proche du punk. Je rajouterai une nouvelle école, celle de Nekromantix, qui fait un psychobilly plus mélodique. C'est en quelque sorte les Social Distortion du psycho...
Ce fut donc une bonne surprise de voir leur venue à Montréal. C'est une Ville-étape obligatoire des tournées de tous les gros groupes nord-américains. Je ne suis pas encore habitué à voir autant de têtes d'affiche se succéder aussi rapidement.
J'arrive au moment où les monstres romantiques commencent. Pour les découvertes musicales, ce sera pour une autre fois. La salle de concert des Foufounes Electriques était bien remplie. Nekroman avait sa "coffin-bass", une contrebasse en forme de cercueil. À la batterie, Lux, qui est arrivée dans le groupe suite à l'accident de voiture mortel d'Andy DeMize en janvier 2009. Sur la fin, elle prenait du plaisir à exécuter quelques solos.
Le groupe nous a asséné son pyscho-romantique en variant entre leurs morceaux calmes et plus énergiques. Les morceaux de toutes les époques étaient présents. C'était vraiment très très bon.
Sur la fin, Nekroman commence à dire que c'était l'anniversaire de la batteuse, ensuite celui du guitariste et enfin le sien. À chaque fois le public a chanté en choeur "Happy birthday". Ça sonnait complètement faux, un vrai massacre !
Avec Mad Sin, c'est le meilleur groupe de pyscho que j'ai vu en live.
Petit concert punk 77 aux Katacombes, je ne connais pas le nom du groupe que
j'ai vu en premier. Les noms sur l'affiche ne sont pas les mêmes que les groupes
qui ont joué. En tout cas, j'ai vu The Aversions, un groupe mi-montréalais,
mi-québécois ville. À leur actif, il ont un EP "Black Alibi" sorti en 2006 et un
LP "Ex Nihilo Nihil".
Ensuite, Red Dons a clôturé la soirée. C'est un groupe américain qui a sorti
en 2006 son premier album intitulé "Death to Idealism". Ils ne semblaient pas
être très connus ici, à Montréal. Ça a semblé les ennuyer, car ils ont
rapidement quitté la scène après leur titre de rappel sans faire d'"au revoir".
Ce titre en rappel était leur bombe "Walk Alone".
Ce concert était l'occasion de fêter la sortie du 1er album de The Bators
"It's all about fun". The Bators est un groupe garage/punk 77 avec un côté
rock'n'roll, formé à Montréal il y a trois ou quatre ans.
Ils est précédé
d'un groupe de rock/blues assez ennuyeux à vrai dire : The Discount
Pharmaceuticals.
Tout le monde attendait The Bators. La décoration du Petit Campus a été
transformée en salle de bal de fin d'année. Des ballons et des papiers
décoratifs ornaient les murs. Pendant le changement de groupe, des "langues
de belle-mère" étaient distribuées au public. Les groupies s'installaient devant
la scène. La moyenne d'âge était très basse, ce qui accentuait ce côté bal de
fin d'année. J'ai même commencé à me demander pourquoi j'étais
venu.
C'est alors que les lumières de la salle se sont éteintes
progressivement. Un medley musical s'est fait entendre. Une machine à bulle
s'est mise à mitrailler la scène. Les membres arrivent l'un après l'autre. Leur
look est un bon en arrière de 35 ans. Cheveux longs ou de premier de la classe,
santiags au pied, ils étaient rigolos à voir.
Dès le premier titre, c'est
un déluge de ballon qui s'abat sur le public accompagné de confettis. Le groupe
balance un titre énergique qui électrise l'audience. C'est joyeux bordel qui
durera pendant tout le show. Ces gamins ont le sens de la scène et du
spectacle. Musicalement ça m'a fait penser à The Hives 1ère époque.
Lors du premier titre en rappel, un contrebassiste les a
accompagnés ainsi qu'un joueur d'harmonica sur le titre Tonite, leur tube. Les
choristes présentes au tout début du concert sont aussi revenues sur scène pour
ce titre.
Le week-end précédent ce concert, je suis allé voir Iron Maiden. J'avais l'intention d'acheter un laissez-passer pour toute la durée du Festival, mais les 150 000 billets mis en vente étaient déjà épuisés. J'avais bien voulu en acheter un plutôt, mais il n'y avait pas de points de vente sur Montréal (ou alors pas du tout mis en évidences)... Soit le Québec est un pays d'arriéré (je ne le pense pas, mais la question doit se poser) ou alors les organisateurs sont un peu à la rue avec leur billetterie (je pense plutôt à cette solution).
À ce moment, ce n'est pas grave puisqu'il existe des billets à la journée. Mais dès le troisième jour du festival, l'organisation annonce que quatre spectacles se joueront à guichets fermés : Santana, Rush, The Black Eyed Peas... et Rammstein. Je me suis donc fait à l'idée de ne pas les voir jusqu'à l'avant-veille du concert. En allant sur le site du festival, je vois que des personnes revendent leurs billets sur la page Facebook du festival. Je contacte la première personne et d'un commun accord on s'est donné rendez-vous à Québec. J'avais mon billet pour Rammstein !
Avant de commencer à attendre pour entrer dans le festival, je voulais aller dans le vieux Québec (au demeurant charmant pour ceux qui n'y sont jamais allés, ça vaut le coup) en passant devant l'entrée du festival. Il était 16h15 et une grosse foule était amassée en plein soleil devant les barrières, alors que l'ouverture était prévue pour 18h. Lors du concert des Black Eyed Peas la veille, des détenteurs de billets s'étaient vus refuser l'entrée, car il y avait trop de monde.
À l'ouverture des portes, tout le monde s'est rué en courant vers les barrières. Moi je préfère me diriger vers le stand où les hot dog sont à quatre dollars. C'est toujours l'inflation dans les festivals et c'est une donnée mondiale. N'ayant pas trop envie de rester coller à des gens pendant Apocalyptica. Je me m'installe au fond des plaines. Je vais me raviser assez rapidement : traverser la marée humaine se présentant en face de moi paraissait être un véritable chemin de croix. Je suis alors parti à l'assaut de la foule et je me suis trouvé une bonne place ou je pouvais apercevoir la scène correctement ainsi que les deux écrans géants et sans être trop serré.
La première partie de Rammstein est donc Apocalyptica, un groupe finlandais. Ils sont quatre et on un line-up original : un batteur et trois violoncellistes. À leur début, c'était un cover band de groupes comme Metallica et Sépultura, puis ils ont composé leurs propres compos. C'est original, mais c'est chiant. Rammstein va jouer avec 30 minutes de retard. Rien de grave, mais tout le monde s'impatientait de voir les Allemands pour leur première et unique date en Amérique du Nord depuis 2001. Et c'est Québec qui a été choisi pour le show. Comme le disait Bruce Dickinson, le chanteur d'Iron Maiden, une semaine plus tôt, "le coeur du métal" est à Québec. C'est peut-être vrai finalement... Pendant l'entracte, on devine les tests de lumières derrière un drapeau noir. Ça s'annonce éblouissant.
La voix du chanteur Till Lindemann se fait entendre pour introduire "Rammlied". Les premiers riffs de guitares sont accompagnés de la première explosion. Le rideau noir s'effondre pour laisser place à un énorme drapeau allemand. Alors que durant la Seconde Guerre mondiale l'Amérique du Nord avait échappé à l'invasion teutonne, Rammstein vient ce soir prendre la revanche de toute une nation ! Plus sérieusement et à la suite de cette guerre, la fierté allemande ne devait pas transparaitre. Aujourd'hui encore, alors que les nazis se sont échappés en Amérique latine et en Israël (humour) depuis bien longtemps, les Allemands ont toujours un problème d'identité. Ce drapeau allemand est symbolique et montre la volonté de Rammstein de faire bouger les consciences, mais aussi d'être toujours irrévérencieux. Ce drapeau déployé, c'est la classe ultime.
Quelques secondes plus tard, le drapeau laisse place au groupe. Premier moment de rigolade à la vue du costume de Lindemann. Il avait une lumière dans la bouche qui lui donnait un sourire blanc et démoniaque. Leur set sera truffé de moments bien marrants. Une excellente entrée en matière.
Les 400 pièces pyrotechniques se mettent en marche sur le troisième morceau, Waidmanns Heil. Ça ne s'arrêtera plus. C'est l'Apocalypse et c'est génial : feu d'artifice, lance-flamme, effet pyrotechnique qui survolent le public, bref tout y passe. Il y a également un gros travail fait du côté des lumières et les énormes projecteurs se déplacent au fil des chansons, comme de petits OVNI.
Pour ces performances lumineuses et pyrotechniques, il faut une synchronisation parfaite. Toute une mise en scène théâtrale a été minutieusement préparée. Les musiciens sont une des pierres angulaires de cette "comédie musicale". Des miniscénarios s'ajoutent à l'Amarda (qui n'est pas espagnol cette fois, mais Allemande) technique.
Les scènes les plus marquantes étaient celles où le claviériste Christian Lorenz se fait tabasser et déposer dans une baignoire par Lindemann avant que celui-ci utilise un élévateur afin d'y déverser un "jet d'artifice" étincelant et pendant "Pussy" lorsque ce même Lindemann bombarde le public avec un canon métaphorant une bite de la mousse et des bouts de papiers. Le public à été quant à lui mit à contribution durant le rappel lorsque Lorenz a fait du rafting sur le public. À son retour, il a pris avec lui un drapeau québécois qui lui avait été donné après l'avoir déployé quelques instants sur son bateau. Ces Québécois n'oublient pas l'essentiel !
Ces mises en scène théâtrale me font penser au cinéma expressionniste (cinéma qui donne la priorité à l'expression des sentiments) dont l'Allemagne était l'un pays les plus productifs dans le genre après la Première Guerre mondiale (Nosferatu, Metropolis, M le maudit ou encore Le Cabinet du docteur Caligari en sont les principales oeuvres).
Quant au contenu musical, ils ont interprété de nombreux titres de leur excellent dernier album "Liebe ist Für Alle da" (L'amour est là pour tous), mais aussi des plus anciens. Il ne manquait Engel et Amerika pour parfaire le tout. Un bref bilan du festival : une affiche démentielle, Québec ville est un cadre idyllique, les plaines d'Abhraham parfaites pour son relief. Il faudra juste que les organisateurs revoient la gestion de la billetterie pas au point cette année. Je garderais de très bons souvenirs de ces quelques jours.
Je vais conclure tout simplement en disant que j'ai assisté ce dimanche 18 juillet 2010 au meilleur concert que j'ai vu à ce jour.
Setlist Rammstein :
1. Rammlied 2. B******** (Bückstabü) 3. Waidmanns Heil 4. Keine Lust 5. Feuer frei! 6. Wiener Blut 7. Frühling in Paris 8. Ich tu dir weh 9. Du riechst so gut 10. Benzin 11. Links 2-3-4 12. Du hast 13. Pussy Rappel : 14. Sonne 15. Haifisch 16. Ich will
Le Festival d'été de Québec dure une semaine avec des dizaines de spectacles, dont les plus importants ont lieu sur les plaines d'Abraham ; une vaste étendue champêtre dans la Ville où s'est joué la destinée de et du Québec en 1759 avec la victoire des Anglais sur les Français.
En début de semaine, les organisateurs avaient fermé la billetterie pour certaines soirées, car tous les Laissez-passer étaient vendus dès les premiers jours, prenant de court l'organisation. Heureusement, cette avant-dernière soirée du festival qui mettait à l'honneur le punk rock n'était pas concernée.
Les hostilités ont démarré avec les Vulgaire Machins, originaires de Grandby, près de Montréal. C'est sans doute le groupe punk québécois le plus populaire du moment. Leur prestation tient bien la route. C'est du punk rock mélodique, engagé et chanté en français, dont l'assistance semblait bien connaître les paroles. Une bien belle averse a accompagné le groupe. Elle a à la fois rafraichi et vivifié le public. Les Vulgaires Machins viennent de sortir avec Greenpeace un guide pour un mode de vie plus écologique. Le chanteur a profité de ce concert pour en faire l'écho. Quand il a mentionné le stand de Greenpeace présent, des sifflets et des huées se sont fait entendre, consternant le parolier du groupe. Je ne savais pas qu'il y avait des rednecks au Québec !
La pluie avait cessé durant l'entracte. Social Distortion a bénéficié d'une météo clémente. Le show des Californiens démarre par "Road Zombie", un instrumental qui devrait être présent sur le prochain album qui sortira en novembre 2010. Ils ont joué essentiellement des classiques. Je n'ai pas trop apprécié la première partie du concert, pourtant la prestation de Social D était bonne.
En revanche le public semblait dubitatif. Dans un premier temps, j'ai essayé d'aller au plus près de la scène, mais j'ai été rapidement bloqué par l'enclot VIP. Cet "enclot à riches" était accessible pour la modique somme de 500 dollars (heureusement pour eux c'était un laissez-passer pour tous les concerts). Une démarche moralement douteuse : l'organisation a accordé des privilèges à ceux qui avaient de l'argent, tandis que les autres devaient se tenir à bonne distance.
Je suis resté à cette place où je me suis trouvé bloqué. Le concert allant commencer, je n'avais pas le temps d'arriver à la partie la plus proche de la scène. Autour de moi personne ne semblait connaître SD, quelqu'un m'a même demandé ce que c'était comme musique. Après quelques morceaux, l'ambiance autour de moi était plate (phrasé québécois). Je me dirige vers un coin plus dansant. Cette fois ce sont juste des jeunes bourrés qui sautillaient gaiement sans vraiment faire attention à la musique. Je recule un peu et j'arrive enfin sur des personnes qui se préoccupent du groupe et qui apprécient. Cette anecdote me rassure sur un point : Social Distortion n'est pas encore totalement mainstream. Une bonne nouvelle !
Juste avant le rappel, on découvre ou redécouvre l'autre chanson extraite du prochain album, l'excellente "Still Alive". Le rappel quant à lui à commencé par "Prison Bound" sublimée par les notes de piano (je reprends ce terme que j'avais déjà employé pour le concert à paris en juin 2009). La dernière chanson sera la reprise de Johnny Cash qui a remué le public, puisque le chanteur de country est populaire outre-Atlantique. Il y a même un spectacle à son sujet qui avait lieu au même moment dans un cabaret à Québec.
Pour Billy Talent je me suis posé du côté de la Citadelle, c'est-à-dire au plus loin de la scène. Cependant, il y avait deux écrans géants pour assister à la performance du groupe canadien, faisant ainsi profiter tout le monde. Personnellement, je ne vois pas l'intérêt d'aller à concert d'un groupe que j'aime si c'est pour le regarder sur un écran, aussi grand soit-il. L'intérêt d'un concert c'est de voir le groupe... en live ! De l'arrière on pouvait tout de même apprécier une vue de toute l'enceinte du festival : la foule, les lumières de la scène et des différents écrans, mais aussi en arrière plan les immeubles illuminés de la Ville.
Je n'ai jamais été un fan de Billy Talent et ça n'a pas changé. Quelques commentaires quand même, le premier titre "Line & Sinker" était une bonne mise en bouche percutante. Mais après, ça m'a ennuyé assez vite après. Le hockey au Canada est une affaire importante, voire quasi religieuse. À chaque fois que Billy Talent vient jouer à Québec, on demande au chanteur de porter le maillot de l'équipe de la Ville, celui des Nordiques de Québec. Même si cette équipe n'existe plus depuis sa vente (un projet est en court pour en créer une nouvelle, les habitants de Québec sont impatients), elle jouit toujours d'une popularité importante.
Je ne peux pas trop dire de choses négatives sur Billy talent, puisque selon le chanteur Social Distortion est "one of the greatest rock and roll bands on Earth".
Gros show en perspective avec les vieux d'Iron Maiden. La scène est gigantesque. J'essaie de m'approcher le plus possible, mais lorsque je parviens à me tenir sur un endroit surélevé, je m'aperçois que je ne pourrais pas atteindre mon objectif avant la fin du set. Traverser une foule de 80 000 personnes est rarement évidant, surtout en passant devant des personnes pour qui Iron Maiden est un mythe vivant.
J'ai été habitué à voir de nombreux t-shirts Iron Maiden, mais cette fois ça surpasse tout. Le fan d'Iron Maiden aime Iron Maiden et le fait savoir en arborant un chandail (ndrl : j'utilise le mot utilisé par les Québécois pour désigner un t-shirt, car ça m'évite de faire une répétition) à l'effigie du groupe.
Revenons donc au concert... Musique d'introduction épique digne de Star Wars, puis une explosion de lumière pour introduire The "Wicker Man". L'assistance est aux anges. Elle lève les bras et reprend les chansons en choeur. Avec une vue éloignée, ça devait être impressionnant. Le chanteur a une crisse de patate (ndlr : une putain de patate).
Les deux premiers tiers de la prestation d'Iron Maiden étaient principalement des tunes (ndrl : chansons) récentes, dont celles du dernier album qui sortira au Québec le 17 août prochain. Le chanteur, Bruce Dickinson, a même demandé à ce que le 18 août il soit en tête des ventes. Il ferait un bon commercial. Mais a-t-il besoin de ça pour vendre des disques ? La société "Iron Maiden" est en déficit malgré ses shows monstrueux et son merchandising prospère ? Sa demande montre un intérêt pécunier qui ne devrait pas avoir sa place durant le concert. Il a suffisamment le temps de faire la promo ailleurs que sur la scène. Évidemment, les fans, comme des idiots acquiesçaient devant cette démarche. Afin d'amadouer ce public acquis à sa cause de toute façon, il l'a également complimenté en disant que Québec était le coeur du métal. Il est quand même sympa ce Bruce.
Quand Dickiston s'adressait au public, il le faisait en français. Un peu approximatif parfois, mais compréhensible. Un bien bel effort de sa part sur une de terre où la fierté francophone a son importance. D'ailleurs, le Festival de Québec a été critiqué par la présence de trop nombreux groupes anglophones. Certains mélangent lutte identitaire (au sens noble du terme) et sectarisme...
La machine "Iron Maiden" était impressionnante : trois guitaristes, un bassiste et un batteur affutés, un gros son, un univers mis en image par d'immenses dessins au font de la scène et enfin l'apparition d'"Eddy The Head" sur scène, l'emblématique mascotte du groupe. Au fil des époques, son apparence a changé pour ressembler aujourd'hui plus à une créature extraterrestre qu'à un mort-vivant.
Le dernier tiers de la prestation du groupe comportait les vieux tubes du groupe en commençant par "Fear of the dark". Le public a vraiment commencé à participer activement à partir de cet instant. La reprise en coeur de ce superbe titre par l'auditoire était assez magique... Que des classiques ensuite, avec "Iron Maiden", "The Number of the Beast", "Running Free"... Je suis juste peu déçu que les titres "The Trooper" et "2 Minutes To Midnight" n'aient pas été joués.
The No Smoking Orchestra est le groupe qui compose la musique des derniers films d'Émir Kusturica (Chat noir chat blanc, La Vie est un miracle, etc.). Il officie également dans le groupe en tant que guitariste et parfois percussionniste. Auparavant, le groupe se nommait Zabranjeno Pušenje, mais ils ont changé de nom en participant à la première bande originale
J'ai toujours été dubitatif lorsque je lisais des articles qualifiant ce groupe de punk. Je connaissais surtout la bande originale de Chat noir, chat blanc. Mais j'ai revu mon jugement avec des titres tels "Fuck you MTV" ou "Business class models" qui ont tous deux un côté revendicatif d'où la comparaison à du punk. En fait, The No Smoking Orchestra inclut des sonorités aussi vastes que la musique russe, les films de western, les rythmes latinos, le jazz, sans oublier les rythmes balkaniques.
Les protagonistes du groupe sont un peu déments. Le chanteur avait un costume de chauve-souris aussi moulant que celui de superman, il y a eu une une simulation de combat de boxe entre ce même chanteur et un des instrumentistes, un show du violoniste qui jouait dans toutes les positions ainsi qu'un battle entre celui-ci et Émir. Le but : chacun devait faire plus de bruit que l'autre en frottant les cordes de leurs instruments respectifs sur un archet géant. Évidemment, c'est la guitare électrique de Kusturica qui l'a emporté.
Drôle, déjanté et talentueux, tout cela en a fait un très bon show. Le public remplissait la place des Arts où se tenait le concert avec le clin d'oeil d'un des spectateurs qui montrait le maillot numéro 10 de l'Argentine, celui de Maradona à qui Kusturica avait consacré un documentaire. Malheureusement, l'Argentine (entrainée par Maradona) venait de perde son match de quart de final de coupe du monde contre l'Allemagne.
En quittant la scène, le groupe à choisi de mettre en fond sonore le formidable hymne soviétique majestueusement interprété par les choeurs de l'armée rouge. La classe tout simplement.
C'est par le plus grand des hasards que je me suis trouvé à ce concert. Ils
ont joué dans le cadre du Festival de jazz de Montréal. Je suis passé devant
pour me rendre à un autre endroit (Les Foufounes électriques pour ne pas le
citer) quand j'ai entendu Caravan Palace. Au départ, je n'avais pas remarqué
que c'était eux, je croyais que c'était un groupe qui avait repris le concept de
mélange électro et jazz manouche. Mais quand ils ont joué Star Cat, j'ai compris
que c'était bien Caravane Place. Ensuite les morceaux ont enchainés, tous aussi bons les uns que le autres : "Jolie Coquine", "Suzy", "Botherswing" et j'en passe ! Un putain de hasard puisqu'ils ont joué en
invité-surprise et n'étaient donc pas prévus dans le programme au départ. C'est
marrant, car la veille je voulais les voir avec Wax Tailor et c'était payant,
alors que ce soir-là ils étaient sur la scène principale (comme la Compagnie
Créole une semaine plus tôt, la comparaison s'arrêtant là). Le concert était
vraiment très bon, un putain de show, une grosse ambiance malgré le grand nombre
de personnes (je n'aime pas la foule).
J'ai vu un groupe avant Terror, je ne sais plus lequel (ah bravo la rigueur journalistique !). De toute façon, ce n'était pas sensationnel, car trop impersonnel. Ça ressemblait beaucoup à Terror, mais un ton en dessous. Tout se ressemble, on se lasse rapidement sauf si on aime écouter toujours la même chose.
Terror est aussi un groupe qui n'est pas très original dans ses compos puisque beaucoup d'entre elles sont difficiles à distinguer, leurs albums sont plat. Cependant, il y a des tubes qui sortent du lot. Le groupe a sorti il y a quelque temps un best of, "Forever Crossing The Line", ou la plupart de leurs tubes sont présents. En concert, ce sont ces morceaux qu'ils jouent pour notre plus grand bonheur, avec en plus quelques morceaux du dernier album, "The Damned the Shamed", dont l'excellente Betrayed. C'est le meilleur show de Terror auquel j'ai assisté. Les coreux québécois assurent dans le pit, ça bougeait. L'ambiance était agressive, mais bon esprit. Cependant je me dois de faire le rabat-joie comme à mon habitude.
Je critique souvent la scène hardcore en France pour son côté poseur et mercantile (je généralise bien sur, il y a des gens intègres, avec un bon esprit). Ce que j'ai pu voir à Montréal, c'est encore pire. L'accoutrement "hip-hop" est encore plus répendu. J'avais l'impression d'assister à un concours de la dégaine la plus ridicule. L'état d'esprit est sensé est un minimum revendicatif dans le hardcore ; ici, ça ne semble pas faire partie de leur mentalité. Le hardcore semble être une place pour s'amuser, comme le sont les night-clubs ou les bars pour d'autres individus.
L'audience était jeune. Mon collègue qui était dans la scène il y une dizaine d'années, ne connait plus grand monde. Les têtes changent et c'est plutôt bien, ça permet d'éviter de rester dans un microcosme et d'avoir une ouverture d'esprit. Cependant, cela démontre parfaitement le côté éphémère du hardcore, son côté mode...
Mais heureusement, le concert de Earth Crisis, et les nombreux petits concerts hardcore "moins propres" auxquels je n'ai pas eu l'occasion d'assister démontrent qu'il existe un côté encore plus underground à Montréal... Restons donc posi.
En tout cas, ce fut une très bonne prestation de Terror.